J’ai envie d’un monde nouveau.

 

 J’ai envie de la venue d’un nouveau prophète qui, par des mots simples, mettrait à nu les cœurs et les âmes, faisant déposer les armes des plus vindicatifs comme les outils dont on n’a plus besoin.

 J’ai envie d’une religion nouvelle dont la pureté, par essence même, ne se bâtirait pas par le sang des martyrs mais sur la volonté de s’améliorer soi-même.

 Je ne suis pas fortuné, mais je suis riche du peu que j’ai et je n’envie pas davantage, car je ne peux profiter que d’une chose à la fois.

 Je voudrais ne plus avoir peur de l’étranger que je croise dans la rue, mais je suis moi-même l’étranger qui fait aboyer les chiens qui ne me connaissent pas.

 Par observation, je sens que la matière est liée à autre chose et que cette autre chose ne peut exister sans elle.

 Je ne peux plus écouter les hommes de la politique, qui disent des mots qu’ils ne pensent pas et dont le long cheminement vers la reconnaissance repose sur chemins qu’ils n’auraient pas souhaités emprunter.

 Il y a des jours où mon esprit fait partie d’un tout, alors que d’autres fois il me paraît bien petit.

 Je respecte la terre, car je ne fais qu’un passage, à terme elle reprendra ce que les hommes lui ont dérobé. D’ailleurs, je n’ai pas la prérogative d’en être propriétaire, je ne sais même pas si mon âme m’appartient, car ce n’est  pas moi qui en suis le concepteur.

 J’ai envie d’un monde nouveau.

François Veillon.

 

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